
"Ageless", sans âge. Coquets, les frères Wilson ne nous dirons pas le leur. Il nous suffit de savoir que l'aventure du groupe commence à la fin des années 60, à Brooklyn, New York, où ils se sont installés avec leurs parents en quittant leur Panama natal. C'est là qu'ils répètent les airs rapportés dans leurs valises, qu'ils se lancent dans de nouveaux genres, R&B, funk, rock & roll et jazz, les intégrant à leur répertoire, riche déjà de rythmes caribéens, percussions, salsa et calypso.
Melting pot new-yorkais
Dans le Brooklyn des années 60, où se mélangent les cultures, les frères Wilson, Ric le saxo, Lou la trompette et Carlos le trombone, avec leurs amis musiciens Charlie Padro (batterie), Claude "Coffee" Cave (clavier), Bundie Cenas (basse), et Omar Mesa (guitare), travaillent leur jeu dans le salon de beauté de leur mère. Ils cherchent un nom à leur formation: ce sera Mandrill, un choix que Lou explique par la nature de cet animal: "Charlie allait souvent au zoo de Central Park. Il y a vu un mandrill, un singe d'Afrique de l'Ouest, intelligent, vraiment beau avec ses couleurs et son nez rouge. C'est un bon gars, puissant, qui prend soin de sa famille". Un nom qui va comme un gant à ces représentants de l'amour, qui voient en Obama un nouveau Mandrill, le messager de l'espoir qui réunira - c'est leur rêve - tous les peuples.
En 1970, le groupe sort son premier album, enregistré au Jimi Hendrix's Electric Lady Studios. Mandrill est le reflet du melting pot culturel et musical dans lequel vivent les musiciens et chanteurs du groupe. Funk, R&B, jazz, latino, rock, les genres s'épousent, la greffe a pris.
Inspiration des nouvelles générations
L'énergie que transmet le groupe dans ce premier essai, qui fait "danser les corps malgré eux", affirme Lou, nous la retrouvons, près de 40 ans après, intacte, dans le dernier projet en date de la bande: le Live at Montreux 2002. Les piliers du Mandrill de 1970, Lou, Ric et Carlos, rejoints par leur frère Wilfredo, accompagnés de nouveaux musiciens, réussissent encore le pari du mélange. Cette fusion, les Black-Eyed Peas, Public Enemy, Wyclef Jean ou encore Missy Elliot, l'ont trouvée à leur goût. Tous ont utilisé, mixé –le résultat n'est pas toujours heureux, avoue Ric- des musiques des "champions de la paix", surnom mérité de Mandrill, engagé dans les luttes sociales.
Fusion future
Cet attrait qu'exercent les titres "Mango Meat", "Peace and Love" et bien d'autres sur les jeunes générations d'artistes, est la base du prochain projet du groupe: un album, le 17ème, prévu pour septembre ou octobre cette année. Une collaboration avec plusieurs chanteurs et rappeurs, dont Chuck D, leader de Public Enemy.
Lou, Ric, Wilson et Wilfredo réussiront-ils ce futur melting pot ? Le nouveau Mandrill, aussi éclectique qu'à ses débuts, promet bien des surprises. Avec Marc Rey, jeune guitariste talentueux fan depuis qu'il est enfant, Gemi Taylor, guitariste chevronné, professionnel de Enka (chant populaire japonais), qu'il rapporte de 10 années passées au Japon, Keith Barry, l'homme-orchestre, avec Eli Brueggeman (clavier), Lamon Sydnor (batterie), Michael Beholden (basse), avec Rais Wilson (chant), le futur ne peut que leur sourire...
Oui, sans aucun doute, ce groupe qui traverse les âges sans prendre une ride va nous faire rêver, longtemps encore… Parole de fan!