Energie-Environnement: Quand l'Afrique se cherche

Par: K.N/agences - le 28-04-2009

Un rapport de la Commission économique pour l'Afrique (Cea) présenté aujourd'hui à la première session du Comité de l'information, de la science et de la technologie pour le développement (CodistI), qui se tient actuellement à Addis- Abeba, révèle que plus de 75% de la population, en Afrique de l'ouest, n'a pas accès à l'électricité.

Un taux qui risquerait de compromettre les objectifs du millénaire pour le développement, ajoute l'étude selon laquelle 9% de la population de la région Afrique du Nord et Moyen-Orient n'a pas accès à l'électricité.

Et pourtant, précise le rapport, le continent dispose de ressources abondantes d'énergies primaires tels que l'eau, le gaz naturel, le pétrole, et le charbon, entre autres.

"Le continent dispose de réserves prouvées de charbon d'environ 50 milliards de tonnes, ce qui correspond à trois siècles de consommation d'électricité au rythme actuel".

Rapport de la Cea

Que d'énergie donc pour l'Afrique qui regorge, outre l'énergie primaire, d'énergies renouvelables comme le solaire, l'éolienne, les biocarburants…

Qu'est-ce qui expliquerait donc le fait que 509 millions de personnes en Afrique subsaharienne (77,4%) et 29 millions (9%) en Afrique du nord et au Moyen Orient, vivent dans le "noir" ?

Des ressources énergétiques non évaluées

Les auteurs du rapport pointent du doigt la "non évaluation des ressources énergétiques, des techniques de conversion, de transport et de distribution peu coûteuses, de l'énergie et de l'efficacité énergétique".

De même, se désole la Cea, l'Afrique accorde peu d'intérêt à l'interdépendance entre la production et l'utilisation de l'énergie et à la protection de l'environnement.

Le rapport recommande de ce fait, que les " institutions africaines en charge de l'eau de l'énergie, du transport et de l'infrastructure mettent en place des réseaux professionnels pour l'échange d'information, de compétences et surtout mettent les énormes ressources énergétiques au service du développement socio-économique en accordant une attention particulière à l'utilisation des énergies renouvelables dans les zones rurales".

Un projet de surveillance de l'environnement

Et comme énergie rime désormais avec développement durable, un projet de surveillance de l'environnement nommé Amesd devrait aussi être lancé aujourd'hui dans la capitale éthiopienne (Addis-Abeba) par la Commission de l'Union africaine.

Amesd est un projet entrepris en coopération avec l'Organisation européenne pour l'exploitation des satellites météorologiques qui a pour objectif de doter l'Afrique de moyens pour gérer efficacement ses ressources.

Outre donc l'installation de nouvelles stations météorologiques, Amesd prévoit la réalisation de cinq projets régionaux d'ordre climatique et environnemental comme la gestion de l'eau, des cultures et des pâturages, la gestion des ressources marines et des zones côtières, la lutte contre la dégradation des sols et la conservation de l'habitat naturel.