
Après le sit-in de 2007 qui s'est terminé par l'évacuation manu militari des manifestants, le "Rassemblement de Tous les Réfugiés au Maroc", structure qui réunit toutes les associations de réfugiés au Maroc, observait lundi un sit-in pacifique illimité devant les locaux du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés à Rabat (HCR). Motif : demander leur réinstallation dans des pays où il y a plus de chances d'intégration et une vie décente.
"Le mouvement s'est déclenché vers 8h00 du matin et n'est pas prêt de se terminer de sitôt tant qu'on aura pas eu gain de cause"
Fiston Massamba, réfugié congolais
Vers 10h00 du matin, ils étaient environ une soixantaine, hommes, femmes et enfants. Bref, des familles entières qui n'ont plus d'autres recours que de manifester devant le bureau qui est censé les protéger et les aider à s'intégrer dans le pays d'asile.
Un communiqué du "Rassemblement de Tous les Réfugiés au Maroc" déplore "plusieurs années de souffrance, d'expulsions, de refoulements et d'arrestations arbitraires, la non reconnaissance du statut de réfugié par les autorités marocaines, l'absence de documents administratifs (carte de séjour) permettant l'accès au marché de l'emploi et de la libre circulation, des conditions sanitaires déplorables, un accès non acquis à l'éducation… ".
"Jusqu'à présent, il n'y a pas de réactions de la part du HCR. Tout ce qu'ont nous a dit, c'est que M. Johannes Van Der Klauw, représentant du HCR au Maroc, ne sera de retour que mercredi. Ils nous ont demandé de rentrer chez nous et désigner une délégation pour discuter de nos doléances mercredi 17 juin, mais on préfère rester ici jusqu'à son retour"
Fiston Massamba.
Aussitôt alertée, la police a vite investi les lieux pour veiller à ce que le mouvement ne dégénère pas en émeute surtout que le sit-in se tient à une centaine de mètres seulement du Ministère des Affaires Etrangères sur l'Avenue Tarik Ibn Ziad, passage emprunté par les convois officiels mais surtout par le cortège royal.
Les responsables de la Sûreté Nationale ont mis en garde les manifestants qu'ils risquent d'être évacués de force s'ils ne rentraient pas chez eux. En tout cas, les réfugiés savent pertinemment qu'ils ne risquent rien tant qu'il fait jour.
Côté HCR, motus et bouche cousue. La chargée de protection, qui vient à peine d'être nommée au Maroc, n'a pas souhaité nous parler. Devant son incapacité à gérer la situation, le HCR a sollicité l'aide du PNUD. C'est ainsi que le représentant de cette institution au Maroc, M. Mourad Wahba, est venu sur place pour essayer de discuter avec les manifestants, en attendant le retour du chef du bureau du HCR. Pour le moment, le sit-in continue…