
Quelques dizaines de personnes ont manifesté mardi à Paris pour réclamer la libération d'un ancien haut responsable de l'armée marocaine condamné à 12 ans de prison au Maroc pour "atteinte à la sécurité extérieure de l'Etat", a constaté une journaliste de l'AFP.
Cette manifestation, qui s'est tenue sur le Parvis des droits de l'Homme, a été organisée à l'appel de la famille du colonel-major Kaddour Terhzaz, ex-numéro 2 de l'armée de l'air marocaine.
Agé de 72 ans, il est incarcéré à la prison de Salé, près de Rabat "dans des conditions de plus en plus difficiles et après un procès arbitraire" en novembre 2008, a expliqué à l'AFP sa fille Sonia, 26 ans.
Les proches de l'ex-officier, dont sa femme Annie, sa fille Sonia et son fils Selim, ont scandé notamment "libération sans condition" en portant des pancartes avec la photo du condamné.
Les manifestants appelaient également à signer une pétition (www.sauver-kaddour-terhzaz.org) demandant à la France d'intervenir.
Selon sa fille, Kaddour Terhzaz a été interpellé en novembre 2008 après avoir adressé une lettre "respectueuse" à Mohammed VI dans laquelle il cherchait à obtenir une amélioration du sort des pilotes marocains libérés après avoir été captifs du Front Polisario à Tindouf (sud-ouest algérien) lors du conflit armé du Sahara occidental, interrompu en 1991 avec un cessez-le-feu sous l'égide de l'Onu.
Dans cette lettre, il mettait en avant, selon elle, "l'héroisme des pilotes concernés, soulignant notamment que les avions de combat marocains de l'époque (les F5) n'étaient pas équipés de dispositifs anti-missiles, ce qui était parfaitement connu".
"Nous pensons qu'il a été victime d'un règlement de compte entre haut gradés" de l'armée de terre et de l'armée de l'air lors de la phase armée du conflit du Sahara occidental, dit sa fille.
Rabat estime que le Sahara occidental, ex-colonie espagnole annexée en 1975, appartient au royaume et propose une large autonomie sous sa souveraineté.
Le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, lutte en revanche pour son indépendance.
Placé hors cadre en 1988, M. Terhzaz est à la retraite depuis 1995. Originaire du Moyen-Atlas et marié à une Française, il a la double nationalité.