
Les trois opérateurs télécoms du marché national se sont réunis en une seule structure. “Maroc Telecom”, “Medi Télécom” et “Wana Corporate” ont en effet annoncé, lundi, la création de l'Association marocaine des Professionnels des Télécoms (MATI).
Présidée par Abdeslam Ahizoune, Président du directoire de Maroc Telecom, la MATI disposera d’un comité de direction qui siègera à Hay Riyad à Rabat. Mohamed El Mandjra, Directeur Général de Médi Télecom et Karim Zaz, Président Directeur Général de “Wana Corporate” y seront admis en tant que membres du comité de direction.
Lobbying ou pas?
Selon les trois initiateurs de ce projet, la MATI vise à accompagner le développement du secteur et se veut un “espace de dialogue” entre les opérateurs télécoms, pour la promotion du secteur auprès des différentes parties prenantes.
La MATI, qui se veut aussi un porte-parole commun de ses membres, a également pour objectifs de promouvoir l'expérience marocaine dans le domaine de la libéralisation du secteur et de défendre les intérêts communs des opérateurs, relatifs notamment à la neutralité technologique et à la fiscalité. “Elle intervient en réponse à un vide et un besoin”, souligne M. Ahizoune.
La protection des “intérêts communs” évoquée par les trois opérateurs a indubitablement poussé le parterre de journalistes présents lors du point de presse à soulever la question d’une éventuelle cartellisation de MATI pour faire du lobbying.
“Il ne s’agit nullement d’un lobby ou d’un groupe de pression”, tranche M. Ahizoun. Selon lui, la MATI est une structure qui permettra aux opérateurs de communiquer ensemble sur des sujets d'intérêt commun au niveau national, régional et international.
“Notre ambition est de promouvoir un secteur vital de l’économie marocaine, en lui donnant plus de visibilité”
M. Ahizoune, Président du directoire de Maroc Telecom et de la MATI
Pour Mohamed El Mandjra de Méditel, les intérêts divergeant des trois opérateurs ne seront jamais objet à discussion lors des réunions des membres de la MATI. “Ce n’est pas une structure de médiation. Les questions commerciales restent spécifiques à chacun des opérateurs”, estime M. El Mandjra.
Et le consommateur dans tout ça ? Les trois intervenants se sont accordés à dire que le bénéficiaire final de la création d’une telle structure reste le client. “La MATI permettra d’améliorer la qualité de nos services. L’intérêt est de pousser à ce qu’il y ait davantage d’argent investi dans ce secteur. Cela ne peut qu’améliorer nos offres, dans l’intérêt du consommateur”, explique-t-on.
Porte parole à l’international
Le comité de direction de MATI a également précisé que cette organisation est issue d'une “volonté commune” des opérateurs de créer un cadre pour représenter le secteur aussi bien au niveau national, régional, qu'international.
“Dans beaucoup de meetings internationaux la MATI, structure unie, pourra servir de porte drapeau pour le Maroc dans ce genre de rencontres. Et pourquoi pas, par la suite, organiser un grand évènement télécoms au Maroc qui rassemblerait les professionnels du monde entier”, explique M. El Mandjra.
Les intervenants ont relevé que l'association reste ouverte à d'autres professionnels des télécoms titulaires de licences ou déclarés par l'Agence nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT). “Nous ne sommes pas une association renfermée sur elle-même ou une machine de guerre dirigée contre d’autres associations. Nous restons ouverts à tous les professionnels du secteur”, déclare M. Ahizoune.
Interrogé sur une possible affiliation à l’ANRT, M. Ahizoun précise : “L’avenir nous le dira. Nous sommes prêts à soutenir les efforts de la CGEM”.